• Demain est un autre jour le 14 novembre

    Demain est un autre jour…

    Samedi 14 novembre, lendemain d’un vendredi 13 qui, tragiquement, a donné plus que raison aux superstitieux.

    Le 15/11/15 - Demain est un autre jour le 14 novembreSamedi 14 novembre, jour de rassemblement à l’EHPAD pour la répétition des crieurs publics. Une autre manière de résister à la terreur, de manifester pour le bien-vivre ensemble, à travers le chant, le partage, à travers la culture. La création au lieu de la destruction, l’union artistique au lieu de la division communautaire.

    L’image est belle : un cercle de chant et ses satellites de photographie, de dessin, d’écriture réunis pour une œuvre théâtrale, dans un lieu où l’on prend soin de nos aînés, ces derniers participant en retour avec bienveillance à cette chaleur humaine générale.

    « Il faut s’amuser, se faire plaisir », tel est le mot d’ordre de Kristian et de Jacques, les meneurs de jeu à l’enthousiasme contagieux. Après un premier chant de ce duo gouailleur, les  Gavroches en herbe  reprennent d’abord timidement le refrain « Scapin , Sapin, Scapin », héros de la pièce qui, comme le dit la chanson, leur « donnera le la » car « c’est lui qui est toujours là »…

    On annote la feuille de chants : il faut barrer le « toujours » et quelques vers plus loin, écrire « oubliés ». Mais surtout, il faut chanter « plus fort » comme le demande à plusieurs reprises Kristian. Jacques leur conseille alors de se lever. Une fois debout, et rapprochés les uns des autres, les futurs crieurs sont visiblement et auditivement plus à l’aise. « L’important, c’est pas de chanter juste, c’est de chanter avec plaisir » rappelle Kristian tandis que Jacques les rassure : « de toute façon, on ne chante pas faux, on chante selon son oreille ». Autre rappel du metteur en scène : « Vous êtes pas obligés de faire la gueule, vous pouvez sourire ! ». Les cordes vocales se délient, les corps cherchent leur équilibre : les deux mains accrochées au papier, ou l’un d’elles cachée dans la poche arrière du jean, puis les jambes qui se dégourdissent, les pieds qui tapent et les hanches qui se balancent au rythme des chants revisités. Car en effet, les mélodies restent identiques mais les paroles ont été changées pour la circonstance : ce qui déconcerte quelque peu l’auditoire connaisseur de l’EHPAD mais ce qui n’empêche pas de donner de la voix, comme le fait avec entrain Anne-Marie, aux premières loges, puis tout le reste de la compagnie qui augmente spontanément au fil des couplets.

    « C’est un mauvais garçon » fait sourire la gente masculine qui montre alors à leur insu le bout de l’oreille… Tandis que le public féminin la tend, l’oreille, car la bonne humeur communicative amène les plus bavardes à se faire entendre : des « chut » fusent de-ci de-là. Certains regrettent de ne pas avoir les paroles sous les yeux. Cette répétition est victime de son succès : il n’y a pas assez de papier. Qu’importe, cela n’arrête pas un monsieur au béret noir de fredonner en répétant discrètement mais avec conviction les voyelles finales de chaque vers… puis, croyant être croqué sur le vif, de tirer la langue à la dessinatrice : la musique rajeunit les mœurs.

    Pendant ce temps, Kristian et Jacques glissent des suggestions de toutes sortes aux Titis bayonnais : «  N’hésitez pas à faire des bis repetita si votre public est déchaîné sur les marchés, de donner des autographes ! », « Vous pourrez même chouraver mais c’est votre problème ! » et plus sérieusement : «  N’oubliez pas de sortir la voix ».

    Ce qui s’est passé ce vendredi 13 a pourtant de quoi nous laisser sans voix, mais elle doit reprendre le dessus car la vie et le spectacle continuent. Tant que ça bouge, y’a pas de lézards. Ou plutôt si. Et c’est encore mieux.

     

                                                                                                                                                                       Jackie

                                                                                                                                                                 & Gisarb

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