• Lycée Maritime de Ciboure

    JOURNAL

    "LES NOUVELLES DU PORT DE ST-JEAN-DE-LUZ de 1675"

    Rédacteurs : les élèves du Lycée Maritime de Ciboure

     

    ET LE PEUPLE LUZIEN…

    Histoire écrite par Thibault

    Nous sommes au 17éme siècle, dans la cité de Saint Jean de Luz, cité des corsaires qui représente la réussite, la richesse et la puissance du Royaume de France.

    Et bien sûr, c’est cette ville qui a été choisie pour le mariage de Louis XIV avec l’infante d’Espagne, dans l’église Saint Jean Baptiste en cours d’agrandissement, non loin de l’Ile des faisans où le 7 novembre 1659 le traité des Pyrénées, négocié par le cardinal Mazarin, met fin a une interminable guerre entre la France et l’Espagne.

    Pendant ce temps-là, le roi Louis XIV arrive dans la ville de Saint Jean de Luz, les cloches sonnent de joie, toute la population se masse sur la place pour voir le Roi descendre de la diligence et, après être monté sur une estrade, s’adresser à la foule.

    Le roi commence à parler : « Peuple de France, moi votre roi Louis XIV je vous annonce mon mariage avec l’infante d’Espagne ici à Saint Jean De Luz !!! » Très vite, les « Vive le Roi » se transforment en murmure et le murmure en question : « Mais qui paiera le mariage ? » Le roi lui répond « vous tous car vous êtes tous invités ». La multitude se regarde et un grondement monte, de plus en plus fort, jusqu’à ce qu’une femme réponde : « mais vous êtes notre roi, vous avez assez d’argent pour vous le payer vous-même, et d’ailleurs vous pourrez récupérer facilement l’argent du mariage, rien que grâce aux prises des Corsaires. Mais nous, nous ne sommes que des pauvres villageois qui peinons à nous nourrir à cause de tous vos impôts et vos privilèges. » Le roi regarde et écoute attentivement la dame puis lui répond à son tour : « Oui, certes mais je suis votre roi de droit divin et c’est moi qui décide, vous ne pouvez pas me contrarier, telle est ma volonté elle sera exécutée ».

     

    LA QUÊTE D’UN MATELOT

    Episodes écrits par Corantin

    A 16 ans, il n’avait plus ses parents. Ils avaient disparu en mer : un jour, ils étaient partis à bord du Mistral, du port de Marseille et n’étaient jamais revenus. Pour lui, c’est comme si la mer les avait avalés et qu’elle les lui rendrait, un jour. Comme il passait son temps à observer les pécheurs faire, il réussissait à survivre, à l’abri d’une coque de bateau abandonnée et retournée sur la plage. Il venait y jouer avant mais maintenant il n’avait plus de maison. De ses parents il tenait un coffre dont le contenu lui était inconnu et une barque à rames. Il équipa sa barque avec du matériel qu’il récupérait sur la plage. Il était opiniâtre, rêvait beaucoup de retrouver ses parents et travaillait dur. Même s’il ne pêchait que très peu, il s’arrangeait pour manger et vendre pour économiser. Au bout de deux ans de cette vie difficile, il avait réussi à économiser assez pour s’acheter un petit bateau à voile, en revendant la barque familiale.

    Le soir même il embarqua son coffre dans un petit tonneau avec quelques biscuits secs, des vivres et son matériel de pêche puis partit pour le large avec destination Marseille. Des marins lui avaient dit qu’il devait partir cap au sud. Il n’avait pas peur, il était excité à l’idée de suivre la trace de ses parents et de les retrouver. Il quitta St Jean de Luz sans un pincement au cœur, fier de son départ et satisfait de son embarcation.

    Après 3 nuits en mer et il dut faire face à une tempête infernale qui frappa d’un coup et qui déversait des masses d’eau colossales sur lui. Alors que la tempête faisait rage, les vagues atteignaient des hauteurs inimaginables .Si grandes qu'il en tomba de sa barque .Il s'en éloignait de plus en plus, cramponné à un petit tonneau qui, comme lui, était passé par-dessus bord. Il y resta accroché jusqu'à ce qu'un navire irlandais le repêche. Il ne doutait pas de son sort,il savait qu’il serait repêché alors, il espérait en pensant à ses parents. Il ne savait rien de Marseille mais s’y imaginait, avec ses parents. Il fut donc remonté à bord, avec son tonneau sous le bras. Le capitaine irlandais lui proposa de le servir en tant que matelot pendant une année pour l'avoir sauvé. Il accepta. Il lui devait la vie et pourrait poursuivre sa quête ensuite. Pendant une année il le servit, apprit l’irlandais et beaucoup d’autres choses et, une fois celle-ci terminée, il débarqua au port de Marseille. Il avait un maigre baluchon et son tonneau, contenant le coffre dont il n’avait toujours pas voulu découvrir le contenu.

    Episode 3

    Il reprit alors sa quête. Il arpenta les rues du port, il traina sur les quais, demanda dans chaque taverne et croisa un soir un homme qui lui dit que ceux qu'il recherchait se trouvait désormais au port du Havre. Alors il prit la décision de rejoindre Le Havre par la terre. Malheureusement, il fut victime d’une attaque de voleurs et il se défendit autant qu’il le pouvait, jusqu'à ce qu'un homme l’aidât. Les voleurs lui avaient pris son coffre . Apres avoir entendu son histoire de marin qui veut traverser la terre jusqu'au Havre pour retrouver ses parents, l’homme lui proposa de faire halte chez lui, dans son village le temps de se remettre de ses blessures. Alors qu’il était encore chez l’homme qui l’avait aidé à se defendre, il ne lui aurait pas fallu longtemps pour devenir un vrai paysan, pas mal pour un homme de la mer ! Un jour, quand le repas allait toucher à sa fin, il s’éclipsa pour aller faire un tour à cheval. Après une quinzaines de minutes, il trouva Emia qui était folle amoureuse de lui. Elle lui proposa de partir loin mais il refusa alors, celle-ci lui prit son cheval qu’elle se fit voler par un échappé de prison, au coin du bois. Le lendemain cinq personnes à la recherche de cet homme apparurent au village. Emia le marin en tant que complice et les cinq hommes le firent prisonnier sans qu’il puisse la contredire. Ils l’emmenèrent auprès de leur chef qui était corrompu, avide d’argent et très avare. Il fut enfermé avec des esclaves qui par chance avaient un plan pour s’échapper. Pendant ce temps les cinq hommes étaient repartis mettre le feu au village où il avait été hébergé, les seul survivant était une femme prête à accoucher avec son fils de 5 ans à peine. Quand il revint le village brulait et avec lui les paysans. Impuissant il creusa la tombe de l’homme qui l’avait aidé et reprit sa route en direction du Havre. La femme enceinte avait accouché d’une fille qu’elle nomma Ève. Pendant ce temps il continuait sa route en direction du Havre du moins c’est ce qu’il pensait. Âpres quelques heures de marche il vit la femme et ses enfants sur le bord de la route et décida de ne pas les aider car il avait déjà perdu trop de temps. Il arriva à la porte d’une ville où il acheta des provisions, deux étalons et une charrue et reprit sa route. Il retomba sur cette femme, et, non pas par pitié mais pour se racheter de sa faute commise au village, il changea d’attitude. Elle paraissait faible, morte pour tout dire et les enfants n’avaient par l'air mieux. Le soir venu ils s’arrêtèrient pour dormir. Le matin, à sa grande surprise la femme avait l'air d'aller mieux mais il ne pouvait pas les laisser comme-ça alors il décida de les garder avec lui pour l'instant. Il reprit sa route avec pour compagnons une femme et ses deux enfants. A Cahors, le matelot vécu une nouvelle expérience : la jeune femme s’était glissée dans sa couche. Le matin l'aubergiste lui donna une bouteille de Cahors, une ville où les vignes se perdent dans les contreforts pour fêter sa première nuit non seul lui avait-il dit. Puis, route pour une bonne semaine. Cette fois direction Poitiers et hébergement à l'abbaye de Ste croix pour la nuit. Toujours en compagnie de la belle jeune femme et de ses deux enfants. Puis l’équipage ainsi constitué arriva à Nantes où le matelot trouva un bateau et une e-shop à son nom tenue par une personne chargée de la lui donner avec une lettre parlant d'un autre endroit.

    Va t'il reprendre la mer ou va t'il rester dans l'e-shop avec sa nouvelle famille ?

     

    LE MARCHE 

    Histoire de la première sortie d’un mousse luzien, écrite par Nicolas et Lucas.

     Nous sommes en été, Joseph un petit mousse cherche un travail sur un navire. Il demande à beaucoup d’armateurs, mais ils ne veulent pas. Au loin il voit un beau bateau avec des belles voiles et des jolies couleurs. L’Aigle Royal, c’est le nom du bateau. Le bateau accoste au port de Saint Jean de Luz et Joseph arrive à convaincre le patron de le prendre à bord et, dès l’accord, porte ses affaires à bord. En embarquant sur le navire il voit qu’il peut commencer à travailler en aidant à rentrer les vivres. La préparation du navire dure deux jours pendant lesquels Joseph prend ses repères. Puis, le navire largue ses amarres et Joseph salue ses parents qui sont sur le quai pour leur dire à dieu. L’Aigle Royal prend vite la route du grand large et le jeune mousse réalise son rêve.

    Pendant les trois premiers jours de mer, le mousse n’ayant jamais mis un pied sur un navire, souffre du mal de mer. Mais courageux, il essaie quand même de faire quelques unes des tâches qui lui sont confiées. Et puis, au matin du quatrième jour, Joseph se sent mieux et le patron lui demande de nettoyer le pont. Le travail fini et comme il se sent d’attaque, il enchaîne avec la préparation du repas, le nettoyage va avec, le linge et puis il se cale pour se faire oublier et faire une petite sieste et, bien sûr,il est réveillé sans ménagement pour aller à la préparation du dîner. La nuit tombée, il veut assister au quart et toute la nuit il regarde les étoiles, et il voit des parents avec le reflet tellement qu’elles brillent. Il accompagne le marin qui finit le quart et va dormir, au chaud.

    Au cinquième jour en mer le petit Joseph a pris ses marques sur L’Aigle Royal. Le capitaine est content car il est vaillant. Alors, il lui permet d’aller faire la garde en haut du mat, en compagnie de la vigie, avec la longue vue. Joseph regarde devant à la proue au loin il ne voit rien et se retourne et regarde dans la longue vue et voit un bateau de pêche espagnole. La vigie crie au pont qu’il a un bateau au loin cap au Noroit. L’Aigle Royal arme ses canons prêts pour l’attaque du navire ennemi et il voit un drapeau blanc, Joseph ne comprend pas. Personne ne lui explique ce qui se passe, tout le monde court de tous les côtés. Il est excité car il est confiant pour l’issue du combat qui semble se profiler. Le Patron parle à son équipage, le motive et lui dit de se préparer pour l’abordage.

    Le bateau ennemi espagnol, et l’Aigle Royal sont côte à côte. Le capitaine donne l’ordre d’abordage et Joseph, malgré l’interdiction qui lui est faite, saute le premier dans le navire. Le bateau espagnol a dix esclaves à fond de cale. Ils étaient en perdition sur une petite embarcation qui était en train de couler quand le navire espagnol les avait repérés. Les pauvres esclaves, ils n'avaient ni à manger, ni d'habit et ils étaient entravés. Les deux patrons concluent un marché et les matelots embarquent les esclaves. Joseph, au premier rang, est atterré : il n’a jamais vu d’hommes, de femmes, d’enfants noirs, il n’a jamais vu de corps si dénudés et abîmés. Mais il reste au plus près d’eux, comme s’il ne peut pas les laisser. Le marché permet au navire espagnol de partir, en laissant à bord un coffre avec des affaires pour les esclaves. Les bateaux s'écartent petit à petit et l'Aigle royal fait cap au port car le vent semble forcir. Le patron n’a pas de prise mais il ne rentre pas bredouille, alors, il décide que la campagne est terminée.

    Joseph, à bord, travaille encore plus. Il s'occupe en plus des esclaves en leur donnant des habits. IL ouvre le coffre espagnol et rien n’est adapté pour les dix esclaves hommes, femmes et petits enfants. Les enfants s’habillent d’affaires trop grandes et les adultes avec des affaires de femme. C’est assez amusant mais au moins sont-ils habillés. Joseph leur porte à manger et voit bien que les esclaves lui font confiance et restent tranquilles. Il monte ensuite sur le pont continuer son dur labeur. Les matelots lui posent toutes sortes de questions sur les esclaves. Mais lui ne dit rien.

    Au sixième jour de mer tout le monde est malade, il y a cinq mètres de houle… et du vomi partout, même sur les esclaves. C’est horrible et ça sent tellement mauvais ! Alors, deux esclaves veulent sortir   pour aller vomir, ils ne se rendent pas compte du danger et, sur un mouvement de houle, tombent à l'eau. Joseph est triste, pour lui, il vient de perdre deux amis.

    Le petit Joseph toujours très investi, se reprend vite car le navire se rapproche de la terre petit à petit. Les esclaves se sentent mieux et il essaie de communiquer avec eux, de leur expliquer qu’ils vont chez lui, en France.

    Le lendemain enfin L’Aigle Royal arrive au port de Saint Jean de Luz. Joseph est tellement heureux de rentrer chez lui, tellement heureux de voir ses parents au bord du quai. Et ses parents sont contents de revoir leur fils. Le Patron et l’équipage sont aussi fiers de rentrer saints et saufs avec 8 esclaves mais Joseph comprend ce qu’ils ne disent pas : ils sont, eux aussi, attristés d’avoir perdu deux esclaves. Le petit Joseph voit l’armateur qui parle avec ses parents, alors, il saute sur le quai, lui dit un grand merci, et il lui demande s’il peut repartir pour faire une autre campagne. L’armateur lui explique qu’il sera ravi de le reprendre si le Patron le souhaite…

    Et c’est ainsi que le petit Joseph devint mousse, puis matelot puis corsaire du roi.

     

    HUMAIN MARIN

    Histoire écrite par Nabil

    Je m'appelle Nabil et je vais vous raconter une histoire qui m’a choqué dans ma vie. Je suis matelot sur un bateau de pêche à Bayonne depuis prés de 20ans. Comme tous les jours ma journée de travail commence vers 4heures du matin et se finit tard, dans l’après-midi, au port.

    Ce jour là, j'ai vu un navire à quai qui était sur le point de débarquer, je ne reconnaissais pas ce navire et je ne voyais pas bien car il y avait beaucoup de monde autour. Je me suis approché parce que je suis très curieux et j'ai aperçu des êtres noirs. C’était la première fois de ma vie. Cela a été un choc. Mais j'étais moins choqué parce qu’ils étaient noirs que parce que les marins les maltraitaient. Cela me peina, bien évidemment et je m’approchai pour pouvoir parler à un des êtres, « un nègre » qu’on dit. Je voulais savoir pourquoi il était là, à Bayonne?

    Sa réponse me laissa bouche bée :« pas moi décider venir ici blancs arracher moi de mon pays pour esclave, après trois mois dans bateau moi comme animal vendre au marché, comme fruits dans mon pays .»

    J’étais fâché, et pensais que cet être était un homme vraiment gentil et qu’il risquait de vivre encore beaucoup de malheur. Donc je décidai d’aller au marché pour l’acheter, je me renseignai sur l’heure de la vente, elle avait lieu tard dans la soirée. Je me préparais et racontais ce que je venais de vivre à tout le monde. Et tous se demandaient ce que j’allais faire de lui mais moi j'avais une idée derrière la tête. Je ne pouvais pas le laisser comme ça, entre les mains de n’importe qui ! Alors je réunis l’équipage pour lui conter l'histoire. Comme moi, ils étaient vraiment choqués de la cruauté des blancs envers d’autres êtres humains. Pierre un matelot dit: «je propose qu’on devrait tous laisser une partie de notre pêche de ce jour pour pouvoir acheter ce nègre et ainsi éviter qu'il ne tombe entre de mauvaises mains !»

    Je savais ce qui allait se passer : tout le monde était d’accord avec cette idée géniale et c’est à moi qu’est revenue la charge d’aller au marché. J’étais fier et l’ai hébergé chez moi . Le lendemain matin je le réveillai pour qu'il vienne travailler avec nous sur notre bateau. C’était difficile pour lui de mettre à nouveau un pied sur un navire, en plus, il avait le mal de mer. Mais avec beaucoup de persévérance et d’application il surmonta sa peur, son mal de mer et nous fîmes de lui un bon matelot. Il apprenait très vite !

    Deux moi plus tard il avait un concours du meilleur matelot sur le port de Bayonne et l’équipage, comme un seul homme, décida d’inscrire notre cher ami. A vrai dire tout le monde était choqué de voir un nègre dans le concours qui faisait des nœuds, ramendait… et à la remise des prix, le vainqueur était bien sur lui !

    Avec cette action, nous marins, on démontre à tous les habitants de Bayonne et d’au-delà que le noir n’est pas inférieur aux blancs. Qu’ils vivent tous en paix et en liberté ! »

     

    BALEINE BARBUE

    Histoire écrite par Nathan

    En ce premier Dimanche de l’an de grâce 1675 à bord du navire voilier baleinier « St Jean priez pour nous » une pêche miraculeuse, ou plutôt diabolique eut lieu c’est le matelot Nathan Duquenoy qui va témoigner de cette aventure incroyable : «Alors que nous embarquions à Saint Jean de Luz le capitaine Pantxoa Berho nous affirmait que nous allions harponner les baleines à la fosse de Capbreton.

    Le vent n’était pas du tout favorable à notre navigation à la voile, comme d’habitude nous descendions à la calle à rame et débutons notre route.

    Le guet nous affirmait qu’il voyait un banc de baleines à moins de 20 mètres de l’embarcation.

    Les harponneurs et les matelots embarquèrent dans les 4 chaloupes prévues à la pêche.

    Nous commencions à harponner avec force et intelligence. Il y avait à foison de baleines.

    Mais un harponneur fit un harponnage décisif. Au bout de son harpon une créature immense et très massive apparût. Une baleine avec une immense tête sortit de l’eau, une tête barbue !!!.Elle effraya et produisit un mouvement de panique à bord de la chaloupe. Heureusement les marins aguerris haranguèrent les plus jeunes pour que la chaloupe regagne l’embarcation et que celle-ci puisse aller jusqu’à terre. Oui, tout le monde le constata, un journaliste de la Gazette solidaire vint faire un article et un dessinateur un croquis : nous péchâmes une baleine barbue, créature de Dieu ou du diable ? »

     

    LE VIEIL HARPONNEUR

    Histoire écrite et illustrée par Thomas C.

    Louis Henri de la Sainte Veine, fils d’une famille noble, se démarque très vite par sa passion pour la pêche à la baleine. Très beau garçon dans son jeune âge, il voit sa beauté se dégrader avec son caractère. A l’âge de 16 ans, il perdit ses parents et devint alors ingérable, colérique et se déchaina sur tout et tous. Heureusement qu’il a cette passion et donc que c’est du bout de son harpon qu’il trouve un semblant d’apaisement en donnant la mort à toute espèce de proie animale qui passe devant, avec une vraie prédilection pour la baleine. C’est de cette spécialité, dans laquelle il excelle, que son surnom lui vient : « le vieil harponneur ». Hélas, alors qu’il atteint l’âge exceptionnel de 50 ans, la chance le quitte et du jour au lendemain, il n’y a plus rien du tout au bout de son harpon. Plus rien, lui qui se targue de pouvoir harponner des baleines mille fois plus gros que lui, lui qui se vante de pourvoir harponner des espèces inconnues des autres pêcheurs…rien, plus rien, et pendant de longues journées, de longues semaines.

    Alors un soir, saoul à ne plus pouvoir marcher droit, il se met à crier son désarroi, hurle à n’en plus finir qu’il n’a pas de chance et se fait menacer par d’autres clients. L’un d’entre eux se lève, se plante devant lui et lui répond, yeux dans les yeux : « Ce n’est pas de la malchance, c’est juste le fruit de ton indifférence à nos superstitions, à nos croyances et à nos prières ! » Sur ce, le moralisateur lui tourne les talons et mesure l’approbation générale qu’il suscite. Un murmure parcourt le cabaret, le vieil harponneur s’en va alors, tout imbibé d’alcool mais essayant de marcher dignement.

    Le lendemain, il essaie, malgré son mal au crane, de réfléchir car toute la nuit les paroles dites à la taverne ont tourné dans sa tête et il prend la décision d’aller prier. Non pas parce qu’on lui a dit de le faire, non, mais parce qu’il en éprouve le besoin, là, maintenant. Il passe à nouveau devant le cabaret de la rue neuve[1] et se rend donc à l’église St Jean Baptiste et ce, malgré beaucoup d’agitation et de monde. Tout à ses pensées, ce 9 juin 1660, il joue des coudes et parvient à s’installer en l’église, ce n’est pas aujourd’hui que l’affluence va l’empêcher de prier. Telle est sa volonté et il va l’accomplir. Mais, pas rodé à l’exercice et cuvant encore sa cuite de la veille, il s’endort pendant la cérémonie, bercé par les chants.

    Subitement il revient à la réalité, en sursaut, réveillé par un garde agacé par le fait qu’il se soit endormi dans ce lieu d’asile, qui plus est pendant le mariage de Louis XIV et de l’Infante Marie-Thérèse ! Alors, ne maitrisant pas sa rage, il bouscule le garde …et finit dans la geôle municipale. Sa colère s’apaise et il constate que sa haine aussi. Cette geôle ressemble tellement à celle, crasseuse, de laquelle il s’échappa alors qu’il y était en attendant son exécution pour avoir été accusé du meurtre de ses parents. Mais le vieux marin est calme, comme s’il comprend alors que le bonheur ne se fonctionne pas avec la chance, qu’il se construit, et que pour ça, il faut commencer par s’aimer soi-même.

    [1] De nos jours, rue Tourasse

     

    LE MOUSSE AMOUREUX DE LA KASKAROT
    LE PREMIER RENDEZ-VOUS, FACE A JOANOENIA[1]

    Histoire de Maxence, illustration d’Issa

    Le Journal Les Nouvelles du port de St jean-De-Luz par les élèves du Lycée Maritime de CiboureHeureux, j’allais sur le quai, devant la maison de l’Infante là où le rendez-vous était fixé. Elle me l’avait soufflé au moment où je chargeais son panier de sardines. Je n’y croyais pas, j’étais sur un petit nuage.
    Impatient j’attendis la belle vendeuse de poissons. Je restais là à rêver une bonne heure et  la belle arriva, elle me prit par la main et m’amena. Elle m’entraina.
    Elle courrait vite, dépassait des gens qu’elle bousculait…j’étais presque à bout de souffle mais je n’aurais pas ralenti. Nous nous dirigions vers la plage…

    [1]Aujourd’hui dite maison de l’Infante

     

     

    UNE PRISE ÉTONNANTE A BAYONNE

    Texte d’Emmanuel

    Le bateau corsaire «  Flibustier » a fait la course sus un navire des Provinces Unies qui revenait des Amériques et vient d’accoster, avec sa prise en remorque.

    Le capitaine Gand déclare qu’ à 10heures 30 du matin le 2 janvier 1675, après un abordage d’une rare violence et 4 marins morts, il a pris possession du navire et de sa cargaison : or, argent et bois et a mis aux fers l’équipage et le capitaine. C’est en dressant l’inventaire précis de la capture que la découverte a été faite : au fond de la cale, sous une toile, entravé par des chaines, il y avait un otage, français qui plus est !

    Comprenant alors que le bateau était tombé entre les mains d’un corsaire français, le prisonnier déclina son identité et sa fonction : Simon Arnauld d'Andilly, Marquis de Pomponne, ministre de Louis XIV. Il expliqua avoir été enlevé et torturé avec une barbarie diabolique par des pirates qui comptaient demander une rançon. Or, ceux-ci ont été mis hors d’état de nuire, après une voie d’eau suite à une avarie, par un navire marchand armé des Provinces Unies. Le capitaine du navire vit alors en lui la possibilité de le négocier auprès de Louis XIV afin de précipiter la perte du Royaume de France.

    Ordre a été donné par le ministre de regagner la terre la plus proche, afin de regagner au plus vite le Roi et l’informer.

    Suite à ces évènements le roi louis XIV a demandé un engagement encore supérieur dans ce combat 

    Espérons que nous gagnerons cette guerre !

    Article rédigé en conformité avec le journal de bord du corsaire Gand capitaine du « Flibustier ».