• Sortie musicale

     

    Illustration : Personnage de l’opéra AlcesteAlceste ou le triomphe de Lully

     

    Le 6 janvier de l’an 1675, l’opéra « à la française » Alceste sera représenté sur les planches du Palais-Royal. Le Roi a exprimé son impatience de revoir ce chef-d’œuvre, il sera accompagné de ses plus proches courtisans. Le Tout-Paris est en effervescence depuis l’annonce de sa programmation.

    Loin de la cabale menée contre Jean-Baptiste Lully, l’année passée, cette tragédie en musique a désormais le vent en poupe. Les mauvaises langues n’avaient pas trouvé à leur goût l’adaptation trop libre que Lully et Quinault avaient fait de l’histoire d’Euripide. Une critique très élogieuse publiée par Charles Perrault a permis de conquérir les esprits, les plus fâcheux, à cette œuvre dont la valeur est estimée par le Roi lui-même.

    L’histoire s’inspire d’un sujet mythologique bien connu, dont la teneur tragique ne peut laisser indifférent. Mlle de St Christophle, sublime soprano, ouvrira l’opéra sous les traits de la Nymphe de la Seine et enchantera l’auditoire de sa voix sans pareille. Elle maîtrise si bien son rôle qu’elle chantera avec brio son impatience de voir le héros Ad revenir glorieux, annonçant ainsi le retour des plaisirs. Les décors somptueux de chaque acte laisseront le spectateur sans voix, le plongeant dans les amours tragiques d’un Alcide incarné par le grand baryton Beaumavielle, d’un Admète que l’incomparable ténor Clédière porte à la perfection et d’une Alceste que Mlle de St Christophle rend inoubliable. Vous retiendrez votre souffle en voyant apparaître Pluton avec la voix de basse inimitable de Godonesche. Lully prouve qu’il est capable de faire résonner une divine mélodie même au fin fond des Enfers.

    Il ne fait aucun doute que ce divertissement musical, célébrant le triomphe de l’amour et ayant le privilège du Roi, sera le spectacle auquel il faut assister, à tout prix, cette saison. 

    Séliane et Maël

    Illustration : Personnage de l’opéra Alceste